
Au sein d’une famille, un jour, la violence habituelle du mari envers sa femme se transforme en féminicide. La femme gît sur le sol, morte, mais sa mort ne suffit pas : personne ne la croit. Ainsi, la femme, telle l’ange du foyer, sera contrainte de se lever et de reprendre la même routine, nettoyant la maison, s’occupant des tâches ménagères, préparant les repas pour son fils et son mari, s’occupant de sa belle-mère âgée. Chaque matin, les membres de sa famille la trouvent morte et ne la croient pas.
Chaque matin, elle se relève, ouvre la cafetière trop serrée et recommence à subir la violence de son mari, la dépression de son fils, l’impuissance de sa belle-mère qui, au lieu de condamner son fils brutal et despotique, le plaint. Chaque soir, la femme meurt à nouveau, comme dans un cercle de l’enfer où la peine ne s’éteint jamais.
Avec L’Angelo del Focolare – « la fée du logis » en français, titre non dénué d’ironie –, Emma Dante, connue pour ses créations politiques et sociales, dévoile une réalité terrifiante, tapie derrière de nombreux murs. Par cette « non-mort », elle exhibe à vif, à travers une partition physique, l’indifférence collective face à la souffrance des victimes. En condamnant son héroïne à ressusciter sans cesse, elle fait ressortir de tout son poids la charge symbolique qui écrase les femmes : être des piliers héroïques et silencieux, sans jamais pouvoir s’affranchir du foyer.
À partir de 16 ans
En italien et dialecte de la région des pouilles, surtitré en français