
Habemus Naufragium de Silvia Pezzarossi (à 18h) : La danseuse et chorégraphe italienne Silvia Pezzarossi tisse dans sa 4e pièce un éloge de nos fragilités résistantes, de la métamorphose comme vecteur de survie dans un environnement houleux, menacé d’extinction. La danse pour répondre à l’urgence.
Deux humaines fougueuses, complices, parfois rivales se font face, osent, hésitent, avancent, se dérobent parfois. Habemus Naufragium ne se borne pas au constat de l’inéluctable, mais invente des voies neuves, des protocoles de lutte et de solidarité, des poches de résistance et de fragilité.
Tantôt burlesque nourri d’archétypes contraires, tantôt disjoint et zébré d’inquiétudes, ce duo se transforme et mute, jusqu’à la créature hybride qui fend les flots. Au naufrage annoncé, la pièce répond avec extravagance, poésie, loufoquerie, gravité aussi. Au fil de ce voyage métaphorique, la chorégraphe s’offre des escales dans l’esthétique du clubbing, du cabaret, de la comédie musicale. Une invitation drôle et grave à « se relever et naviguer à travers les tempêtes de notre époque ».
Kassia Undead de Lara Barsacq (à 20h) : À travers l’héritage de Kassia de Constantinople, prêtresse, poétesse et musicienne du IXe siècle, Lara Barsacq entraîne 8 interprètes dans l’exploration, par le corps et la voix, des relations avec nos mort·e·s. Une traversée temporelle entre tableaux vivants et célébration.
Lara Barsacq entremêle les pistes comme personne, et remet en lumière et en dialogue avec notre époque des oubliées de l’histoire. Hymnographe de l’empire byzantin, canonisée, Kassia est l’une des premières compositrices du Moyen Âge dont les partitions ont été préservées. Son œuvre inspire à la chorégraphe une traversée culturelle et temporelle, une tentative poétique d’échanges avec l’au-delà.
Quelque part entre figurant·e·s et troubadours, huit interprètes – de la danse et/ou du chant – fouillent la dualité entre divin et démoniaque, les chemins de la nécromancie et de la divination, la confluence de l’Orient et de l’Occident, les sources de l’art polyphonique. L’espace scénique sera tendu de toiles et bannières inspirées aux artistes des Ateliers Indigo par l’imagerie médiévale ou contemporaine. Paysage en mouvement pour voyage dans le temps, du lointain passé au futur proche.
photo @ Quentin Legrand