
Sur base du poème Le Roi des Aulnes de Goethe, Phia Ménard signe avec Nocturne (Parade) une magnifique fable sur le pouvoir de l’enfance.
Un enfant, arrimé à son père sur le dos d’un cheval, sent poindre un danger mortel que l’adulte ne voit pas ou ne veut pas voir. C’est la parabole de notre époque en totale déréliction.
Dans un cercle de lumière, le vent souffle, les formes s’animent. Gonflées et mues par les souffles de l’air, ces marionnettes de fortune composent le ballet somptueux et poignant d’un monde qui déraille.
Pensée comme un voyage dans un tunnel obscur, cette pièce immerge les spectateur·ices dans un univers onirique où l’on perçoit avant de voir. En mettant en scène cette traversée sensorielle, le spectacle invite à entrer en lutte contre une nuit menaçante. Phia Ménard porte ainsi, magnifiquement, la contradiction aux vents mauvais et liberticides de l’obscurantisme